3 histoires de cartes

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Dans l'air, de dieu ou dans l'eau

En 1854, 3 hypothèses se disputaient l'explication du choléra. Il venait de l'air, un air malsain qu'on respirait, il venait de dieu comme une punition, un sort ou il venait de l'eau polluée. John Snow (http://www.ph.ucla.edu/epi/snow/snowcricketarticle.html) est le défenseur de la 3e hypothèse et quand une épouvantable épidémie de choléra frappe un quartier de Londres proche du sien, il enquête à la recherche de preuves qui confirment son hypothèse afin de trouver le moyen de guérir cette maladie. Pour ce faire, il trace une carte (http://www.ph.ucla.edu/epi/snow/snowmap1_1854_lge.htm) sur laquelle il relie le nombre de morts aux endroits où ils vivent et travaillent. Ce qui lui permet de découvrir que la plus forte concentration de victimes se situe auprès d'une pompe à laquelle viennent s'abreuver les habitants du quartier. Plus on s'éloigne de la pompe, plus le taux de mortalité diminue. Tracer la carte lui permet ainsi de raconter d'une autre manière l'histoire des statistiques, elle lui permet de savoir quoi comparer à quoi. Elle lui permet aussi de s'intéresser à ce qui semble des contre-preuves de son hypothèse. En effet, une prison du quartier ainsi qu'une brasserie semblent échapper à la logique générale. En effet, peu de prisonniers sont touchés par le choléra et peu d'ouvriers de la brasserie sont affectés. En poursuivant son enquête, il découvrira que la prison dispose de son propre puits et que les ouvriers de la brasserie sont autorisés à boire de la bière. Sauvés par la bière!

Ainsi plus qu'une simple activité de collecte, la carte permet d'articuler un discours, de poser des questions, de re-raconter une histoire, de servir de démonstration, de support à son idée. Elle permet de faire descendre l'histoire du choléra de la colère de dieu ou de la pollution de l'air vers le sol, l'irrigation et la responsabilité de l'administration du territoire.

Public Geo Data

De quoi a-t'on besoin pour réaliser une application interactive cartographique? De données géospatiales, d'un logiciel capable de les traiter et de les montrer. de ces logiciels il en existe de plus en plus. Un exemple assez accompli est mapbender (http://www.mapbender.org/index.php/Mapbender_Gallery).Map of the Angola Conflict (http://wms1.ccgis.de/mapbender2/frames/login.php?name=mb&password=mb&mb_user_myGui=bicc_angola&mb_myBBOX=10.14,-16.23,25.25,-4.52), demo complete (http://www.flo.rlp.de/) Ce logiciel peut rivaliser avec des applications utilisées par les administrations: on peut comparer ses fonctionnalités avec celles du portail environnement de Wallonie (http://environnement.wallonie.be/cartosig/cartegeologique/consult1_1.htm#) par exemple. Ce qui nous empêche actuellement d'utiliser mapbender pour faire une carte de Bruxelles qui récolterait les différentes données collectées au cours des workshops, ce n'est pas le prix du logiciel car il est gratuit; ce n'est pas non plus le fait qu'on ne puisse pas l'adapter à ses besoins car c'est un logiciel libre: c'est-à-dire qu'on peut en lire la source, le modifier et le redistribuer à souhait. Le problème est qu'on n'a pas accès aux données géospatiales collectées par les états et les régions, pour lesquelles nous payons des taxes pourtant.

Jo Walsh, une artiste qui travaille avec les "locative media"(media électroniques qui utilisent les informations géographiques, particulièrement le système GPS) a fait récemment circuler une pétition intitulée: Les données géographiques collectées par les états appartiennent à tous.

Logiciels libres -> accès code source copier redistribuer modifier.

Accès aux données géospatiales -> libre aux USA mais pas en Europe.


State-collected Geographic Data is public property

Petition Status Verified Signatures: 7226 Petition started: 14th February View signatures: here

Declaration

We the undersigned, ask Members of the European Parliament to adequately amend or, failing that, to reject the current draft of the INSPIRE Directive on European Spatial Data Infrastructure because it:

  • Does not guarantee that European citizens and businesses can download and freely re-use Geographic Information collected by government.
  • Instead it entrenches a policy of charging citizens for information they have already paid to collect, enforced by state copyright over geographic information.

Given that:

  • Public Geographic Information is the bedrock of how civil society is managed in the information age.
  • Free map data could enable a new generation of location-based technologies with enormous economic and social potential.
  • Open access to geodata is the best way to ensure co-operation between Europe's government agencies on environmental and census data, and in other important fields.

The INSPIRE Directive in its current form risks holding back the economic and social potential in maps and location-based technology in Europe by many years.

http://rejectinspire.publicgeodata.org/

A voir aussi le mouvement d'openStreetMap (http://wiki.openstreetmap.org/index.php/Main_Page), des individus qui collectent des informations géospatiales avec leur GPS pour les partager avec d'autres et les ré-utiliser dans des cartes de libre distribution. Chacune (http://wiki.openstreetmap.org/images/4/4f/Osmnodes.png) de ces trajectoires raconte une histoire

Visibilité?

"Outre ses activités propres dans le gaz naturel, cette société texane avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l'électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l'État de Californie. Elle était une référence de la bonne gestion.

En décembre 2001, elle fit faillite en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de l'électricité ; elles avaient été masquées en bénéfices via des manipulations comptables."

src:wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Enron)

Comprendre les responsabilités du scandales Enron par le traçage des emails qui reçoit, qui dit quoi à qui. La Federal Energy Regulatory Commission aux USA publie, au cours de son enquête, la base de données d'emails échangés dans la compagnie dans le domaine public! Jeffrey heer s'en empare pour tracer l'analyse et écrire un logiciel, Enronware (http://jheer.org/enron/v1/), qui permet de tracer des réseaux sociaux.

Un exemple de l'usage de l'Enronware est d'analyser les noeuds dans le réseau. Qui envoie des messages à qui? C'est ainsi qu'on peut trouver monsieur John Shelk qui assiste à toutes les réunions importantes. Plus intéressant encore pour chacune de ces réunions, il envoie systématiquement son rapport à monsieur Tim Belden (http://jheer.org/enron/v1/enron_7_usageScenario.png) qui, lui, ne renvoie d'email à personne. Cette personne trou noir dans l'organisation correspond à celle identifiée par les enquêteurs comme étant le cerveau des malversations.

Les exemples donnés supposent que faire voir est une chose positive parce que cela permet d'articuler une hypothèse de la tester et de révéler des liens. C'est une arme à double-tranchant. En donnant nos données à googleMap (http://maps.google.fr/) par exemple, nous donnons des sources qui peuvent être exploitées par le marketing et le profiling.

Je voudrais donc conclure ce petit tour d'horizon par un exemple dans lequel une artiste Isabelle Massu a tenu à ce les sources restent confidentielles et où elle utilise l'idée de carte de manière volontairement ambiguë. Pour une navigation entre différents extraits sonores, en préservant l'intimité, sans dévoiler l'identité. Comment faire une carte dans l'anonymat sans exposer les participantes d'un réseau d'interviews? Ces extraits sonores viennent d'entretiens intimes qu'Isabelle a eu avec différentes femmes sur la question de l'enfermement. Enfermement, séquestration, oppression sous différentes formes et comment chacune de ces femmes les surmontent, s'en échappent ou pas ou presque. La structure mouvante du graphe nous amène à avancer à tâtons, sans pouvoir croiser de manière prévisible les interviews d'une même personne. Les mots-clé qui lient les différents noeuds sont plus comme des murmures que comme un thesaurus. Aux2mondes.org (http://www.aux2mondes.org)

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